SMS frauduleux : comment aider un parent âgé à les reconnaître ?
Un SMS frauduleux se trahit moins par son contenu, qui change sans cesse, que par sa mécanique : il se présente comme un organisme connu ou comme un proche, il presse, puis il demande de toucher un lien, de rappeler un numéro ou d’envoyer de l’argent. Pour aider un parent âgé, montrez-lui les modèles qui reviennent, puis transmettez-lui une seule règle : on ne fait jamais ce qu’un SMS demande, on vérifie par soi-même. Les messages douteux se signalent gratuitement en les transférant au 33700.
Les modèles de SMS frauduleux qui reviennent
Les escrocs changent de prétexte, rarement de méthode. Cybermalveillance.gouv.fr, le site public d’assistance aux victimes, cite parmi les identités usurpées par SMS l’Assurance Maladie, les impôts, l’ANTAI et le site des amendes, les livreurs de colis, les banques et les opérateurs téléphoniques. Voici les modèles courants, et ce qu’en disent les organismes eux-mêmes.
| Le message reçu | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| « Votre colis est en attente » | Pour suivre un vrai colis, on va soi-même sur le site du transporteur, jamais par le lien du SMS. |
| « Vous avez une amende impayée à régulariser » | L’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) l’écrit noir sur blanc : elle « n’envoie jamais de SMS ». |
| « Vos heures de formation (CPF) seront perdues à la fin de l’année » | Mon Compte Formation le rappelle : « la validité des droits CPF n’est pas limitée dans le temps ». Un message qui presse de les utiliser doit alerter. |
| « Votre carte Vitale doit être renouvelée » | Ce prétexte figure parmi les fraudes signalées par l’Assurance Maladie. Ses vrais SMS proviennent d’un seul numéro, le 38 663, et commencent par « ASSURANCE MALADIE ». |
| « Un paiement a été effectué sur votre compte. Ce n’est pas vous ? Appelez ce numéro » | Au bout du fil répond un faux conseiller. Un vrai conseiller « ne vous demandera jamais un code, un mot de passe ou un identifiant, ni d’effectuer ou de valider une opération financière ». |
| « Coucou maman, c’est moi, j’ai eu un problème avec mon numéro » | L’escroc se fait passer pour un enfant, propose de continuer sur WhatsApp, puis demande de l’argent. Le réflexe : appeler l’enfant sur son numéro habituel, et ne jamais envoyer d’argent avant d’avoir « formellement identifié » son interlocuteur. |
Les signes qui doivent alerter
Ces indices, relevés par service-public.fr et Cybermalveillance.gouv.fr, ne sont pas tous présents à chaque fois. Un seul suffit pour s’arrêter.
- L’urgence ou la menace. Une action à réaliser « sans tarder », sous peine de suspension de compte ou de pénalité.
- Un lien à toucher ou un numéro à rappeler. Le numéro indiqué peut être surtaxé : chaque appel rapporte alors aux escrocs.
- Une demande d’informations. Aucune administration ni société sérieuse ne demande par SMS vos données bancaires ou vos mots de passe.
- Un expéditeur qui ne colle pas. Un numéro qui ne ressemble pas à celui d’un service officiel, ou un service dont votre parent n’est même pas client.
- Une langue étrange. Une orthographe, une grammaire ou une signature qui sonnent faux.
Ces détails échappent à qui lit mal les petits caractères (voyez notre article sur l’accessibilité numérique et le grand âge) : raison de plus pour miser sur une règle de conduite.
La règle simple à transmettre à votre parent
Une liste d’indices s’oublie au moment précis où le message arrive. Une règle unique, formulée comme un réflexe, tient mieux :
« Un SMS ne me fait jamais rien faire. Je ne touche pas le lien, je ne réponds pas, je ne rappelle pas le numéro. Si j’ai un doute, je vérifie moi-même, ou j’en parle à l’un de mes enfants. »
Vérifier soi-même, c’est ce que recommande Cybermalveillance.gouv.fr dans sa fiche sur l’hameçonnage par SMS : contacter directement l’organisme, ou passer par son espace personnel sur son site, jamais par le message. On appelle la banque au numéro qu’on connaît déjà, sa fille sur son numéro habituel. Autre mérite de la règle : votre parent n’a pas à deviner si le message est vrai, seulement à ne rien faire tout de suite. Écrite en grand sur une carte posée près du téléphone, elle reste sous les yeux.
Comment signaler un SMS frauduleux au 33700
Le 33700 est la plateforme officielle de lutte contre les spams vocaux et les spams par SMS. Le signalement est gratuit et se fait en deux temps :
- Transférer le SMS au 33700, tel quel, sans ajouter de commentaire.
- Répondre au 33700 s’il demande ensuite, par SMS, le numéro depuis lequel le message a été reçu : on le lui envoie.
Le signalement peut aussi se faire en ligne, sur le site du 33700. Il est transmis aux opérateurs, qui peuvent vérifier, puis agir contre les numéros utilisés. Soyons clairs sur sa portée : il ne bloque pas le numéro immédiatement, et il ne protège pas votre parent du message suivant. Mais plus il y a de signalements, plus la lutte est efficace, explique le 33700.
Faites la manipulation avec votre parent la première fois. S’il n’y arrive pas seul, l’essentiel est fait dès lors qu’il n’a ni cliqué, ni répondu, ni rappelé : il peut supprimer le message.
Votre parent a cliqué : que faire tout de suite ?
D’abord, pas de reproche : un parent grondé risque de cacher le prochain incident. La suite dépend de ce qu’il a fait après le clic.
- Il a saisi ses coordonnées bancaires, ou vous voyez un débit inconnu : faites opposition immédiatement, en contactant sa banque. C’est la consigne de Cybermalveillance.gouv.fr.
- Il a donné un mot de passe : changez-le immédiatement sur le site ou le service concerné, et partout où le même mot de passe servait.
- Il a envoyé de l’argent, ou des codes de coupons de paiement (PCS, Transcash…) : alertez sa banque sans attendre, puis aidez-le à porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République.
- Il a seulement ouvert la page, sans rien taper : fermez-la, n’y revenez pas, et signalez le SMS.
Dans tous les cas, conservez les preuves : le message reçu, l’adresse du site visité, des captures d’écran. Pour un conseil au téléphone, Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30 (numéro vert, appel gratuit depuis la France).
Comment en parler sans infantiliser
Personne n’aime s’entendre dire qu’il risque de se faire avoir. Si le sujet braque votre parent, notre article sur le parent qui refuse la technologie explique ce que cette résistance protège. Quelques façons d’aborder la question :
- Partir de vos propres messages. « Regarde ce que j’ai reçu ce matin » ouvre la conversation bien mieux que « fais attention ». Le faux « Coucou maman », par exemple, est envoyé à des milliers de personnes : c’est une affaire d’escrocs, pas une question d’âge.
- Ne pas faire passer d’examen. Tendre un faux SMS en demandant « alors, vrai ou faux ? » met votre parent en position d’élève. Mieux vaut le décortiquer ensemble, comme le détaille notre article sur la façon d’aider un parent âgé avec sa tablette.
- Remercier chaque question. Le jour où il vous appelle pour un message douteux, même s’il était vrai, remerciez-le. C’est ce réflexe que vous voulez installer, et il ne survivra pas à un « mais enfin, ça se voit ! ».
- Sceller un pacte de famille. « Aucun de nous ne te demandera jamais d’argent par SMS depuis un nouveau numéro. » Dite une fois, clairement, cette phrase aide à désamorcer d’avance l’arnaque au faux enfant.
Questions fréquentes
Le signalement au 33700 est-il payant ?
Non. Service-public.fr l’indique : « Le signalement est gratuit. » Il se fait par SMS ou en ligne, y compris pour un message venu d’un numéro étranger.
L’Assurance Maladie peut-elle demander des informations par SMS ?
Elle envoie des SMS depuis le 38 663, mais ne demande jamais le mot de passe du compte ameli, des informations médicales ou les coordonnées bancaires complètes, précise l’Assurance Maladie.
L’essentiel : une règle, un réflexe, un geste
Les SMS frauduleux changent de déguisement, pas de mécanique : une urgence, puis un lien, un numéro ou une demande d’argent. Transmettez à votre parent une règle (on ne fait jamais ce qu’un SMS demande), un réflexe (on vérifie soi-même, ou on vous appelle) et, s’il le peut, un geste (le transfert au 33700). Dans l’application Hello Pamy, seuls les membres du cercle familial peuvent lui envoyer un message ; cela ne change rien aux SMS qui arrivent sur son téléphone, et ces trois réflexes restent les siens.
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